Scène Française
Rit invité sur Radio Bulle (Scène Française) posté le vendredi 01 juin 2007 19:38
Ecoutez le parler sur Radio Bulle (Scène Française) posté le vendredi 01 juin 2007 19:46
Scène Française avec Mano Solo (Scène Française) posté le samedi 23 juin 2007 13:25
Édito du 19 novembre 2006
MON GROS POINT GODWIN *
Les joies d'Internet.
Le media de la démocratie pour tous, la liberté de
parole, d'édition, de création, l'accès
à la culture, l'information en flux tendu. Un paradis.
Le paradis des fabriquants de hardware, de software, des F.A.I et
des publicitaires.
Le lieu ou chacun a les mêmes chances ?
Mais où la masse fait remonter la masse, laminant dans le
néant toute différence, comme partout ailleurs. Les
sites les plus visités resteront eternellement les premiers
à l'être puisqu'ils apparaissent en premier sur la
réponse Google. Et tout Internet fonctionne sur cette
même mécanique. Le net n'est qu'un immense Top 5O.
L'internaute moyen, curieux comme une pierre, et n'ayant pas non
plus toute la journée pour ça, ne fonctionne et ne
navigue pratiquement qu'en fonction de liens reçus par mails
et moultes fora. La masse attire la masse.
Ces derniers temps la masse s'attire sur
YouTube et DailyMotion. C'est la course à l'image. Le scoop.
Tout le monde s'y précipite, moi le premier pour y mettre
mon clip. En quelques semaines ces sites se sont transformés
en une énorme embuscade mondiale, guettant n'importe qui,
n'importe où, afin de le détruire. Et tout le monde
adore ça. Le net la nouvelle arène avec un milliard
de tigres dedans. Ségolène Royale, Sarkosy,
Dieudonné, JF KHAN, viennent tous d'en faire les frais rien
que dans ces dix derniers jours.
Peut importe qui sont ces gens et ce qu'ils ont pu dire ou faire.
Nous avons en face de nous une véritable curée, une
exposition froide et accusatrice, une chasse aux sorcières
digne d'une inquisition, invisible mais omniprésente sur le
réseau. Media du peuple, media populiste.
C'est sur ce média aussi,
crée par l'armée et récupéré par
les industriels du tout numérique, qu'à propos de
l'industrie du disque tout à coup tout un chacun se drape
d'un furieux anti-capitalisme primaire, qu'on ne sait trop s'il est
d'extrême gauche ou d'extrême droite. Car il repose
surtout sur la stigmatisation de certaines catégories
sociales telles «les majors», «les artistes
nantis».
Pascal Nègre peut se vanter d'avoir à lui tout seul
effacé dans la tête des gens les centaines de
travailleurs des maisons de disques, bien malgré lui j'
imagine. Expliquer que ce type à tout fait pour ça,
ne change rien au faits.
L'artiste se voit élevé au rang d'Être pur. A
ce titre il se doit un désintéressement total envers
l'argent. A défaut de ça il sera aussitôt
jeté dans la fosse commune du respect, et pourra donner lieu
à pillage. Le bon artiste donnera d'abord, et l'internaute
payera si ça lui plaît. La manche mondiale, des
Êtres purs.
Sinon il n'est qu'un «parasite» au service du
«lobby industriel.»
Surveillance de chacun, anti-capitalisme
primaire, stigmatisation de catégories sociales, recherche
de pureté dans un monde dévoyé. Tous les
ingrédients du totalitarisme sont réunis.
C'est effrayant.
Ajoutons à ça l'attitude de
toutes les associations présentes sur la liste info-KO
social, qui à mes propositions, moulte fois
répétées de s'unir artistes et associations
pour fonder un pôle de parole internet en vue de peser dans
la campagne des présidentielles, n'ont fait ni chaud ni
froid à par quelques «c'est intéressant on va
en discuter en réunion»... et nous sommes en droit de
se demander si internet est vraiment l'instrument de notre
liberté, ou juste celui de milliard de petites chapelles
dans leur coin qui n'en ont rien à foutre du clocher des
autres.
Internet est mort. Vive internet?
Mano.
*(le "point Godwin" dit, qu'en gros, quand un interlocuteur traite l'autre de fasciste c'est qu'il est a court d'argument et que la conversation ne peut que dévier sur n'importe quoi.)
Édito d'octobre 2006
QUI EST VRAIMENT GÈNÉ PAR LE DROIT D'AUTEUR?
On essaye par tous les moyens de vous
faire croire que c'est vous, c'est quelques-uns d'entre vous qu'on
attaque en justice pour l'exemple. Mais qui à besoin de que
vous ayez tant soif de «culture» ?
Les FAI, les fabricants de matériel numérique, les
médias, les téléphonistes.
Eux sont déjà dans le marché idéal. Tu
peux maintenant accéder à leur publicité,
où que tu sois, quand tu veux. La musique n'est plus qu'un
produit d'appel. Bientôt elle y sera entre-coupée de
spots de pub.
La pub fait vivre les médias, papier, hertziens, le net, et
la télé. Avoir la télé dans sa poche
c'est avoir la pub avec. Un journal comme libé ne survivrait
pas sans les récurrents dossier «consommation»
qui ne sont que du publireportage pour le dernier Mac, le dernier
jeux, la dernière console...
Les médias ont besoin de la pub de l'industrie, l'industrie
a besoin de la pub que lui fait les médias. Ce qui explique
la désinformation permanente sur le sujet des droits
d'auteurs et de l'économie du disque. Car le disque est
voué à disparaître. On vous fais porter le
chapeau alors que c'est une politique commerciale, on
dénonce l'internaute, alors que tout est
planifié.
Le disque il fait chier, c'est toute une lourde chaîne de
production, de fabrication, et de distribution. Alors qu'un mp3 se
passe de tout ça et que finalement on le vend au même
prix quasiment ! Et qu'en divx ou mp3 il devient un formidable
produit d'appel pour vendre des platines de salon, des
téléviseurs de voiture, des baladeurs avec 12
milliards de gigas, des
téléphones-télévision, etc. Les FAI,
eux, vous promettent des débits monstrueux pourquoi faire ?
Tenir un blog ? Certainement pas, tout simplement pour
télécharger tranquilles.
Tous ont besoin de contenu. Mais comme ils n'ont jamais
respecté la valeur artistique et que pour l'industrie le
disque est un produit comme un autre tu enlève le produit
alors que reste-t-il à payer ? Ils ne comprennent pas qu'il
faut payer quand même. Comme ils ne veulent pas payer, ou si
peu, ils font la politique de l'autruche, vous laissant essuyer les
plâtres en terme de retombées juridiques.
Ils laissent pourrir la situation, pendant que le tout
numérique pénètre les esprits. Vous devenez
les premiers ambassadeurs de leur volonté. Les habitudes se
prennent et vous oubliez complètement l'ancien
système, qui parait déjà d'un autre monde. La
pub nous dis emportez dix mille chanson dans votre poche ?
Imaginons ça au prix du téléchargement
légal, à 99 cents le mp3 ça nous fais 9 900
euros. L'Ipod devient un lingot d'or dont si on s'est pas pris la
tête à en faire des sauvegardes (sur un autre support
vendu par les mêmes), on n'a pas intérêt
à perdre ou qu'il tombe en panne ! Mais sachant que c'est la
jeunesse qui utilise le plus ce genre de produit, pensez vous
sérieusement qu'ils ont 9 900 euros pour avoir la pleine
jouissance de leur appareil ?
«C'est le progrès...»
Un progrès qui casse toute une industrie et qui encore une fois, permet de fonder d'immenses empires financiers, avec de moins en moins de logistique et de personnel. Du capitalisme pur et dur, du libéralisme sans pitié. Le disque n'est plus concurrentiel, il crève. Point.
Les majors pourront toujours produire du mp3 mais apres un dégraissage intérieur, c'est toute la filière de distribution qui disparaît, distributeurs, transports et magasins. Des milliers de chômeurs qui disent merci au «progrès» offert aux consommateurs.
Dans le même temps émergent
les portails officiels de téléchargement
légal. On assiste à la vente d'un produit
inférieur en qualité, bourré de restrictions,
vendu au même prix. Ces portail n'ont aucune
rédaction, mais seulement un service commercial. Ils ne
suivent donc que des politiques commerciales. Nous y trouverons
alors mis en avant toujours les même artistes, car ces
plates-formes dealent directement avec les majors. Je ne vois aucun
lien sur ITunes qui me dit dépose ta production ici.
En aucun cas la diversité n'y gagne. Les gros en avant et
quelques petits derrière. Tous présentés
platement, figés là jusqu'à leur prochain
album.
Une fois par an la presse exulte sur une découverte
internet, et nous promet la généralisation du
phénomène , en omettant bien de souligner sa
rareté, et parallèlement la diversité du
marché du disque.
De plus le bouche à oreille à toujours existé,
bien avant internet et ce n'est pas contrôlable par qui que
ce soit.
S'ACCROCHER AU SUPPORT DISQUE POURQUOI ?
- - Parce qu'aucun calcul d'une licence ne peut être équitable pour les artistes, sauf au prix d'un flicage énorme des flux, qui nous prive tous de liberté.
- - Pour préserver l'emploi d'une filière industrielle et contrecarrer le libéralisme.
- - Parce que les majors françaises doivent garder un pouvoir sur l'offre de diversité, sans avoir à faire allégeance au dictât d'Apple ou Microsoft.
Abandonner le disque c'est amputer les artistes, fabriquer des chômeurs, amputer la diversité et s'amputer de bien des plaisirs.
Le public n'est pas conscient de son
manque de curiosité. Il n'a pas vraiment conscience que 99%
de ce qu'il écoute est produit par les majors. Et que sans
une réelle promotion, peu seraient arrivés
jusqu'à lui. On assiste dans la musique au même
syndrome que partout sur le danger zéro. La
sécurité, l'achat sécurisé dans ce
qu'on attend de lui. Le public ne paye plus pour voir, il paye pour
ce qu'il connaît. Comme il n'est pas curieux, il ne
connaît que ce qu'on lui surine. La boucle est
bouclée. Sans promo, tu n'existe pas. C'est pareil pour la
scène, les petites salles où on débute sont
menacées de faillite en permanence du fait d'un abandon
total du public.
Jamais la télé n'invite quelqu'un qui n'a pas quelque
chose à vendre, si tu ne vends pas tu n'existes pas. Pour le
public comme pour les médias.
Tout ce qui se construit sur internet, se construit exactement sur
ce même modèle. Ni plus, ni moins.
LE PUBLIC PEUT FAIRE LE CHOIX DE L'ÉXISTENCE DU DISQUE
Le P2P n'est pas l'ennemi, s'il se place
comme objet de découverte et pas comme lieu de consommation.
Mais c''est impossible de l'imposer aux gens.
Le public doit comprendre où est son intérêt,
la facilité tout de suite, ou la diversité demain.
Mais on aura pas les deux. Paradoxalement, soutenir le disque
d'où qu'il vienne, même des majors, c'est contrecarrer
le libéralisme. C'est comprendre que l'on vit dans une
société d'interactions qui font que tout le monde
bouffe, et que l'on ne peut pas couper tout un pan d'industrie sans
ravages humains.
Acheter un disque aujourd'hui c'est conforter l'artiste, perdu dans
la tourmente du tout numérique, c'est lui donner un
rôle social à travers l'activité qu'il
déclenche, c'est donner les moyens à la production,
major et labels confondus de faire emmerger la diversité,
c'est participer à maintenir l'emploi de travailleurs de
toute une filière, et c'est redonner de la valeur à
ce qu'il y a dedans.
Acheter un disque n'est plus anodin. Cela devient un acte
véritable de soutien à une société qui
ne se base pas sur l'individualisme et le
libéralisme.
QUOI FAIRE D'INTERNET ?
Internet ne tiens ses promesses que du
coté des fabricants du tout-numerique, mais pas du
coté humain. Ce formidable outil fédérateur
est complètement laissé à l'abandon par le
public qui ne cherche en rien à s'organiser. Des foras de
milliers de gens vont discuter et pester pendant des années
sans jamais se rendre compte qu'ensemble ils sont une force
constructive qui peut générer bien des choses. Depuis
des années les internautes bavent et chient sur les majors,
mais à six millions en France, ils n'ont toujours pas
monté une boite de prod...
Tous les discours soit-disant gauchistes et anticapitalistes qui
servent d'argument aux pros-téléchargement sauvage et
à la «culture pour tous», n'ont fait que
s'opposer éternellement à ce qui existe sans jamais
construire quoi que ce soit, alors qu'ils en ont le pouvoir.
Être de gauche c'est agir, ensemble, pour le bien de tous,
considérant que chaque travail mérite salaire et
respect. Ce n'est pas léser un artiste «parce que
Pascal Negre est un connard».
Promouvoir le téléchargement à des fins de
consommation c'est promouvoir le mépris.
Et le net en est plein. Le net c'est Voici et Gala puissance dix
mille. Le royaume du commérage de beaufs et des lieux
communs sur les gens connus. Un monde où chacun après
avoir bavé, dénigré les
célébrités, et volé les artistes, te
demande d'être poli avec lui, de le «respecter».
Où chacun est contre tout sans jamais argumenter vraiment,
où chacun aime tout aussi, sans jamais argumenter plus. On
aime pas, on aime, point Un monde d'intox et de transformation de
la parole, un monde qui fait toujours remonter les trucs les plus
nuls et les plus cons comme ce singe qui se pisse dans la bouche
que j'ai du recevoir 453 fois. Un monde de rumeurs, de
désinformation.
Le public ne fait rien du net, il se laisse faire, comme il en a
pris l'habitude avec les autres médias. Les vidéos
les plus vues sur les portails Daylymotion et Youtube sont des
programmes de télé, posés là par les
internautes. Il met sur le nouveau média ce qu'il avait sur
les anciens, parce que c'est ça qu'il veut voir, ce qu'il
connaît.
Le pire c'est que chaque internaute va te dire que c'est le
portrait d'un autre que je trace, qu'il n'a rien a voir avec cette
consommation stupide, que lui il est pas comme ceci et comme cela.
A tel point qu'on se demande où et qui sont les gens qui
font le net dès qu'on s'y connecte. Ce n'est pas moi, c'est
l'autre.
Il est bien sûr des gens pour avoir une utilité du net
qui ne soit pas stérile, mais il s'agit d'une infime
minorité.
Alors quoi faire du net ? Ne pas le laisser aux mains des
multinationales et du beaufisme, se rendre compte que le public a
aujourd'hui les moyens de s'offrir la nouveauté qu'il veut,
en la générant lui-même sur des pôles
associatifs à l'échelle nationale. Le public peut
créer d'un coté, l'emploi qui se perd de l'autre, il
lui suffit de créer des caisses communes, de s'organiser
autour, définir des choix artistiques et les financer au
lieu d'attendre que chaque débutant se mette en danger
financier afin de produire un mp3, vite noyé sur le
net.
Ce n'est pas aux artistes de faire la
manche, mais au public de lui ouvrir des portes. Il en a les
moyens.
Quand va-t-il le comprendre?
Mano..
Ecoutez mano Solo dans Scène Française sur Radio Bulle (Scène Française) posté le samedi 23 juin 2007 13:33
Mai 2007 entrevue avec Mano Solo, pour la sortie de son album In the garden, ecoutez donc un extrait
de ce moment radiophonique... et decouvrez un type qui dis les choses sans cache cache .
L'interview est signé Jean Marc Crespo .
Découvrez C4h (Scène Française) posté le mercredi 27 juin 2007 15:34
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